Électrifions ces… souffleuses à neige

Nous conviendrons tous que l’hiver canadien se passe de présentation. Au Canada, nous célébrons la période hivernale en organisant des festivals comme le Bal de neige d’Ottawa et le Carnaval de Québec. Lorsqu’il y a une très forte chute de neige, comme ce fut le cas à Terre-Neuve en 2020, nous parlons de cette « tempête du siècle » pendant des mois. Dès leur plus jeune âge, nos enfants apprennent à manier le balai à neige pour nous aider à déneiger nos véhicules. Nous nous servons même des bancs de neige pour garder notre bière au frais. Cela fait partie de notre identité canadienne.

Le saviez-vous? La protection de l’environnement fait aussi partie de notre identité canadienne. Mais, allez comprendre pourquoi, on vend environ 200 000 souffleuses à neige à essence chaque année au pays.

On dit que chaque souffleuse rejette environ 500 grammes d’équivalent CO2 en une heure et qu’elle fonctionne en moyenne huit heures par hiver. Or, d’après les données de Statistique Canada, 20 % des ménages canadiens possédaient une souffleuse en 2008. Je reconnais que ces données commencent à dater mais, malheureusement, Statistique Canada ne publie pas très souvent ce type d’information. Donc, si le Canada compte 13 millions de maisons et que 20 % d’entre elles sont dotées d’une souffleuse, cela nous donne environ 2,6 millions de souffleuses! Pour vous donner une idée du nombre de propriétaires de souffleuses que ce chiffre représente, imaginez que les Sénateurs d’Ottawa jouent à guichets fermés au Centre Canadian Tire plus de 139 fois d’affilée. À bien y penser, il s’agit peut-être d’une comparaison fort peu appropriée en pleine pandémie.

Comme les souffleuses à neige fonctionnent pendant huit heures en moyenne chaque hiver, on peut en déduire que 2,6 millions de souffleuses rejettent dans l’atmosphère plus de 9 millions de kilos de gaz à effet de serre, soit l’équivalent du poids de plus de 904 000 manchots empereurs – c’est plus d’individus que la totalité des habitants de l’Île-du-Prince-Édouard!

C’est pourquoi moi, l’agent Watts, je demande aux décideurs d’envisager de réduire les émissions de gaz à effet de serre en s’attaquant aux différents types d’appareils à essence énergivores, un à la fois. Le moment est venu de modifier notre façon de déneiger nos entrées. Le gouvernement pourrait mettre en place un programme de primes pour inciter les Canadiens à remplacer leur souffleuse à neige à essence par un modèle moins polluant. Non seulement il assurerait ainsi un recyclage responsable de ces appareils, mais aussi les acheteurs seraient moins portés à se procurer une autre souffleuse à essence encore plus puissante.

Notre pays se dirige vers la carboneutralité d’ici 2050. De petits gestes simples comme celui-là, qui visent à limiter l’empreinte carbone en stimulant l’électrification, nous aideront à atteindre cet ambitieux objectif national.

Je mets le gouvernement fédéral au défi. Je lui demande de susciter un véritable changement en incitant la population à privilégier des options plus écologiques que les souffleuses à essence énergivores.

Il s’agit de la première d’une série de recommandations formulées par l’agent Watts. Restez à l’affût de l’article intitulé « Électrifions ces… surfaceuses à glace ».