À propos de la résilience

  1. À propos de votre parcours professionnel à l’ACÉ.

Je travaille à l’ACÉ depuis près de 33 ans maintenant. J’ai eu l’occasion de travailler dans tous les postes au sein de cette association. À mon arrivée au sein de l’ACÉ, j’étais débutant en communications. J’ai gravi les échelons au service des communications et travaillé brièvement aux relations gouvernementales avant d’assumer la responsabilité des conseils et des comités. J’ai également occupé les postes de trésorier par intérim, de secrétaire par intérim du conseil d’administration et j’ai bouclé la boucle en assumant le poste de chef de l’exploitation, il y a près de quatre ans. L’an dernier, on m’a également confié la responsabilité du groupe des affaires publiques – ce qui m’a rappelé mes tout débuts en communications.

 

  1. À propos de votre contribution au livre de l’Agrégé supérieur de l’ACÉ, David McKendry : Leadership lessons learned from our mentors.

Dans le livre de McKendry, auquel j’étais ravi d’être invité à collaborer, je parle de trois de mes mentors principaux. Le plus important a été Hans Konow, deuxième président-directeur général de l’ACÉ. Il a été mon mentor pendant presque 20 ans ici à l’ACÉ. La principale leçon qu’il m’a enseignée est qu’on ne peut administrer une association nationale en restant assis dans un bureau à Ottawa. Nous devons nous rendre dans les bureaux des membres. Nous devons visiter leurs lieux de travail. Nous devons prendre part à leurs événements, leurs conférences, leurs séminaires et leurs ateliers. Nous devons nous rendre sur leurs chantiers de construction. Nous devons passer du temps avec les membres pour comprendre leurs préoccupations et pour être capables d’élaborer des programmes qui répondent à leurs besoins. Ce sont là des choses que j’ai répétées il y a plusieurs années au moment où SaskPower mettait en service sa technologie de captage et de stockage du carbone (CSC) et ses installations de Boundary Dam. Qu’allons-nous dire si on nous questionne sur les détails du projet? À quoi ressemble-t-il? Quelle odeur dégage-t-il? La technologie de CSC est-elle bruyante? J’espère que tous les employés de l’ACÉ ont eu la possibilité de visiter ces centrales afin de pouvoir les décrire de manière efficace.

 

  1. À propos de la résilience dans le secteur de l’électricité.

J’ai commencé à entendre parler de « résilience » de l’électricité, assez curieusement, aux alentours de l’an 2000, lorsque j’étais impliqué dans la préparation et la gestion des urgences. C’est un terme que les professionnels dans le domaine de la préparation des urgences utilisaient depuis assez longtemps. De nos jours, on parle fréquemment de résilience en lien avec le climat et les changements météorologiques.

J’utilise souvent des citations bizarres pour les choses. L’une d’elles, que j’utilise fréquemment dans le domaine de la sécurité, provient de Mike Tyson et se lit comme suit : « Tout le monde a un plan jusqu’au ce qu’on vous frappe en plein visage. » J’utilise toujours cette citation lorsque je prépare des exercices sur la cybersécurité. Une autre citation qui, à mon avis, capture vraiment l’essence de la résilience, provient de Rocky Balboa, qui a dit : « l’important, ce n’est pas la force avec laquelle vous frappez, mais plutôt la force avec laquelle vous vous faites frapper et vous poursuivez ensuite le combat ». Cela résume parfaitement la notion de résilience!

Au tout début, lorsque je travaillais sur le bogue de l’an 2000 et sur les questions de cybersécurité qui ont suivi, le premier penchant était : nous protégeons tout, pas d’attaque et il n’y aurait aucun impact.

Si vous prenez un recul de manière à voir tous les risques, nous reconnaissons que nous en subirons les impacts d’une façon ou d’une autre. Nous pouvons faire tout ce qui est possible pour protéger nos systèmes et nous préparer en cas d’urgence, mais dans les faits, une tempête rare, inattendu et énorme nous tombera dessus. La question n’est pas de savoir si nous pouvons protéger nos systèmes – nous le ferons dans la mesure où nous en sommes capables. Cependant, nous devons les bâtir de manière à ce qu’ils soient résilients afin qu’ils puissent rebondir et redevenir fonctionnels. Je crois que ceci est très opportun pour notre thème cette année.

Nous sommes à la veille d’un changement profond dans cette industrie. Il n’y a aucune retenue. Comment pouvons-nous nous adapter de la manière la plus efficace possible? En ce qui concerne les activités de l’ACÉ, nous examinons la façon dont nous pouvons élaborer des programmes et des services afin que les membres soient prêts et capables de répondre à ces changements massifs qui commencent déjà à se produire dans l’industrie.

 

  1. À propos de la construction d’une main-d’œuvre résiliente et compétente.

Il y a environ dix ans, l’ACÉ a lancé ce qui est devenu le conseil sectoriel des ressources humaines. Nous étions préoccupés par la vague de départs à la retraite qui était imminente. Nous avons survécu à cette vague et nous devons maintenant penser à ce que sera la main-d’œuvre de l’avenir. À certains égards, elle ressemblera grandement à la main-d’œuvre actuelle, alors qu’à d’autres niveaux, elle sera très différente. Nous aurons toujours besoin de compétences très techniques. Nous allons dépendre encore de la dorsale du réseau. Nous aurons encore besoin de gens capables d’évoluer dans ce qui peut être un environnement de travail parfois difficile.

Il s’agit d’un domaine vraiment intéressant. Nous avons maîtrisé l’éclairage et nous en faisons profiter en toute sécurité les foyers des gens de partout au pays. Cela demande énormément de compétences vraiment particulières axées sur des carrières et des métiers différents. En même temps, les nouvelles technologies impliquent que nous allons avoir de plus en plus besoin de technologues et d’individus dans le domaine de la TI et de l’intelligence artificielle. Les systèmes de contrôle industriel vont devenir de plus en plus importants. Nous avons été témoins de cette évolution graduelle.

Un autre aspect qui a retenu notre attention consiste à assurer que la main-d’œuvre de l’avenir reflète la clientèle de l’avenir. Parmi les critiques dont notre industrie a fait les frais au cours des ans, on considère qu’elle est dominée par le sexe masculin et qu’elle n’est pas le reflet des communautés canadiennes. Cette situation s’explique en partie par le genre de travail qu’on effectuait. Il s’agissait de secteurs qui étaient à majorité masculine à l’époque. Cela préoccupe nos entreprises membres, alors que nos comités des Ressources humaines consacrent des efforts considérables au développement de ces cadres de diversité afin que les gens qui évoluent au sein de ces entreprises ressemblent de plus en plus aux collectivités qu’elles desservent.

 

  1. À propos de la « Journée nationale de reconnaissance des monteurs de lignes ».

Parmi les initiatives qu’on a mises de l’avant, il y a celle qu’on appelle la Journée nationale de reconnaissance des monteurs de lignes. C’est quelque chose qu’on fait également ailleurs. Elle permet de consacrer une journée chaque année afin de souligner les gestes héroïques des monteurs de ligne canadiens.

Nous souhaitons d’instaurer cette Journée nationale de reconnaissance des monteurs de lignes ici au Canada. Nous nous entretenons avec les fonctionnaires du gouvernement du Canada pour voir s’il est possible d’annoncer et de confirmer officiellement une telle initiative qui demeure une priorité à nos yeux.

La première chose qui me vient en tête lorsque j’apprends qu’une tempête est à nos portes, ce sont ces gens qui seront à la tâche lorsque les lignes se seront affaissées et que les poteaux seront tombés. J’étais à Montréal pendant la tempête de verglas de 1998 et nous avons pu y voir un travail très impressionnant. Lorsque je voyais les gens suspendus aux hélicoptères tentant de réparer les lignes de transmission et de distribution, le moins qu’on puisse faire est de leur consacrer une journée par année afin de souligner le travail crucial qu’ils effectuent pour nous.

 

  1. À propos de construire de l’infrastructure résiliente.

Il y a quelques années, nous avons commandé des travaux dans le but d’évaluer la portée et l’ampleur des investissements nécessaires dans les infrastructures du secteur de l’électricité entre 2010 et 2030. Cette somme atteint maintenant les 350 milliards de dollars. Autrement dit, « remplaçons simplement l’équipement vieillissant et allons de l’avant ». Nous savons cependant que le monde qui nous attend exigera un autre type d’investissement. Nous allons devoir investir dans l’électrification des transports et dans l’adaptation aux changements climatiques. Les travaux récents du Conference Board du Canada démontrent que ces travaux demanderont d’ici 2050 des investissements de l’ordre de 1,7 trillion de dollars. Cela nécessitera des investissements massifs, puisque nous devons nous assurer d’être prêts pour une plus grande électrification de l’économie.

En plus de pouvoir discuter du coût, nous allons également collaborer avec Ressources naturelles Canada afin de définir l’orientation du secteur. Quels gestes devrons-nous poser afin que les services publics deviennent plus résilients et mieux préparés à faire face aux changements climatiques? Il s’agit là d’une approche collective qui concerne tout le secteur.

 

  1. À propos de l’importance de la résilience pour les consommateurs.

Lorsqu’on parle de résilience du point de vue du client, la sécurité représente inévitablement le premier et le dernier sujet abordé au cours de la conversation. Pour les consommateurs, la sécurité consiste à acheminer l’électricité de manière sécuritaire et de manière fiable. En particulier, puisque chacune des régions au pays a connu un hiver brutal qui a laissé ses traces, la fiabilité du système occupe une place primordiale, surtout ces jours où la température chute à -35° C.

 Un réseau électrique fiable continuera d’occuper une place au moins aussi importante. L’industrie, les gouvernements et les organismes de réglementation s’efforceront toujours d’assurer que nous acheminons l’électricité, et ce, non seulement de façon fiable et sécuritaire, mais également de la manière la plus abordable possible

 

  1. À propos de travailler dans le secteur de l’électricité en période de changement.

Nous sommes à la veille d’un changement profond, peu importe les prédictions que vous écoutez. Tout le monde reconnaît certains aspects fondamentaux et, parmi ces points communs, mentionnons le rôle croissant que jouera l’électricité à l’avenir.

On parle d’électrification croissante des transports et de nouvelles technologies dans le domaine du service à la clientèle, des TI et de l’IA – tous ces appareils qui sont branchés à l’Internet et dont le nombre augmente si rapidement, sont tous alimentés en électricité. Nous avons la chance d’être une association dans un secteur qui entreprend de profonds changements où, d’une part, nous assisterons à une demande très considérable dans des domaines comme le transport et où, d’autre part, nous constatons une augmentation incroyable de petits incréments avec chaque nouvel appareil qui est branché à l’Internet.

Je crois que les travaux réalisés par l’association sont essentiels pour faire connaître la discussion et le dialogue nécessaires. Je crois que nous jouons un rôle important en contribuant à une discussion politique saine sur les enjeux importants pour l’industrie.

D’un point de vue personnel, je pense qu’il est fascinant d’être si près et en mesure d’observer les changements qui se déroulent dans le secteur. Nous avons ainsi un point de vue unique de l’association. Nous occupons un espace entre les membres, le gouvernement et les responsables de l’élaboration des politiques. Nous occupons également une place entre et parmi les membres afin de les aider à faire le travail qu’on leur a demandé.

J’ai l’occasion de travailler auprès de gens qui réalisent des choses formidables qu’on n’a jamais vues et auxquelles on n’avait encore jamais pensé. J’ai eu la possibilité de rencontrer certaines des personnes les plus intelligentes qui soient dans des domaines, comme la TI, l’intelligence artificielle et la sécurité. J’ai eu l’occasion de représenter le Canada dans tous les genres de fora internationaux importants. Je travaille avec un groupe d’individus professionnels et amusants ici à l’association. Pour ces raisons, je considère que mon travail est gratifiant sur le plan professionnel et agréable sur le plan personnel.